This Changes Everything review – Le documentaire de Naomi Klein sur le changement climatique ne fait pas

Le film d’Avi Lewis sur le changement climatique, basé sur le livre éponyme de Naomi Klein, s’ouvre sur une confession de l’auteur : « J’ai toujours un peu détesté les films sur le changement climatique ». Elle énumère leurs défauts : ils sont ennuyeux, ils sont présomptueux, ils comportent toujours, toujours, des plans d’ours polaires.

C’est une démarche audacieuse pour tout documentaire, et encore plus pour un documentaire au titre aussi hyperbolique, de flamber ses antécédents. Klein a tout à fait raison. Les documentaires sur le changement climatique peinent à rendre l’histoire personnelle. L’ampleur du problème est trop grande pour qu’il soit facile de filtrer des personnages attachants. Malheureusement, le film de Lewis – malgré sa belle apparence et ses bonnes intentions – échoue exactement de la même manière. Il est parfois ennuyeux, il fait des suppositions sur son public. Il a le mérite d’y aller doucement avec les ours polaires.

Les arguments du livre très bien accueilli de Klein sont simplifiés et un peu embrouillés dans le film. L’idée maîtresse semble être que notre apathie face aux effets dévastateurs du changement climatique n’est pas – comme on nous le dit souvent – le résultat de la nature humaine. Elle est plutôt due à une histoire vieille de 400 ans que nous nous sommes racontée, selon laquelle la nature est une force que nous avons maîtrisée. Et sur la façon dont le capitalisme s’est établi sur cette base, nous permettant de nous déconnecter du monde naturel au point qu’il est encore difficile pour certains d’entre nous de prendre au sérieux l’apocalypse environnementale. Ces processus de pensée sont, quand on y pense, des produits de la nature humaine aussi. Mais Lewis a du mal à présenter cette complexité dans le film.

A la place, nous sommes emmenés dans un tour du monde des communautés qui se battent contre l’état d’esprit du marché libre qui exploite et bouge. Nous commençons par les sables bitumineux de l’Alberta, dans le Canada natal de M. Klein, où les « morts-terrains » (les choses gênantes comme les arbres, l’herbe, le sol, l’argile) sont enlevés de centaines de milliers de kilomètres carrés pour atteindre les réserves de pétrole sous-jacentes. Nous faisons la connaissance des mineurs – des travailleurs itinérants bien payés qui n’ont aucun lien avec la terre – et des indigènes qui y vivent. Les arguments de la tribu sont irréfutables et leur passion évidente, mais ni Klein ni Lewis ne trouvent le moyen de rompre avec les conventions. Dit cruellement, nous avons déjà vu des autochtones pleurer devant la caméra. La relation que Klein entretient à l’écran avec ses sujets n’a aucune profondeur (on la voit gribouiller sur un bloc-notes, pianoter sur un ordinateur portable, regarder distraitement une décharge), de sorte qu’ils deviennent le pire des clichés des documentaires environnementaux : les Autres personnes auxquelles le changement climatique arrive.

C’est un problème d’échelle. Un argument macro est filtré à travers les préoccupations locales des gens, mais sans connaître les sujets, vous pouvez comprendre leur souffrance, mais pas la ressentir. On nous dit qu’à Pékin, le smog est si important que les gens sont parfois incapables de sortir de chez eux pendant la moitié des jours de l’année. C’est un concept étonnant, mais ne pourrait-on pas nous montrer ce que c’est pour une famille de vivre ainsi, plutôt que de l’apprendre par des statistiques ?

En Inde, où la croissance en plein essor exige des centrales électriques, on nous présente une communauté rurale qui affronte la compagnie d’énergie et qui gagne. En Grèce, la société aurifère canadienne Eldorado est mise au pas. Dans le Montana, un couple se bat contre une société dont la conduite de pétrole s’est rompue, polluant l’eau qui alimente leur élevage de chèvres. Dans chaque cas, Klein et Lewis présentent des personnes ordinaires qui se sont mobilisées pour protester contre la sagesse conventionnelle : la croissance – toute croissance – est bonne, quel qu’en soit le coût. Au moins, l’admiration qu’ils portent à la ténacité de leur sujet passe la rampe.

Retour à ce gambit d’ouverture. L’implication est que This Changes Everything va exciter et inspirer d’une manière que les documentaires sur le changement climatique n’ont pas réussi à faire auparavant. Ce n’est pas le cas. Il donne à ceux d’entre nous qui vivent dans les régions riches du monde plus de raisons de se sentir mal et ne fait que suggérer ce qu’il faut faire avec ce sentiment. Tous les sujets de Klein – des habitants de New York déplacés par l’ouragan Sandy aux pêcheurs indiens dont l’eau a été polluée par la compagnie d’électricité – ont été physiquement touchés par le changement climatique. Leur lutte contre ce phénomène est personnelle, alors que nous nous imaginons que la nôtre ne l’est pas. Une bataille pour la survie ? C’est une pulsion humaine que nous finirons tous par comprendre.

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